Dans l'effervescence de l'intelligence artificielle, et notamment des ChatBot de type LLM , qui sont régulièrement encensés, quelques voix, et pas des moindres, viennent contre-balancer cet enthousiasme.
Yann LeCun ne rejette pas l’intelligence artificielle. Il en est l’un des bâtisseurs. Directeur scientifique de l’IA chez Meta et lauréat du prix Turing, il travaille depuis des décennies sur l’apprentissage automatique, et plus particulièrement sur les réseaux de neurones. Pourtant, lorsqu’il évoque les modèles génératifs comme ChatGPT, son jugement est net :
"They have no idea of the underlying reality. They’re just predicting text."
— [The Guardian, février 2025]
Ce n’est pas une position marginale. C’est une mise en garde structurée contre l’illusion de compréhension que véhiculent les LLM (Large Language Models), aujourd’hui devenus le visage dominant de l’IA dans l’espace public.
Trois carences structurelles
Ce que LeCun critique, ce n’est pas l’effort technologique. C’est l’architecture actuelle des modèles qui dominent le discours public.
Il formule ces limites en des termes précis, que voici :
- Pas de mémoire persistante : un LLM ne se souvient pas. Chaque interaction est isolée, sauf dans le cadre limité d’un prompt prolongé ou d’un cache temporaire.
- Pas de compréhension du monde réel : il ne sait rien de ce qu’est une action, une situation, une cause. Il prédit des séquences de mots à partir de modèles statistiques. Rien de plus.
- Pas de raisonnement logique réel : les déductions, les chaînes causales, la planification… sont mimées, non pensées.
"Ces systèmes sont très utiles, mais ils ne sont pas très intelligents."
— Yann LeCun, conférence CMU, 2023
Ce que ça signifie pour les soignants
Pour un professionnel de santé, ces critiques ne sont pas abstraites.
Beaucoup d’outils — résumés automatiques de consultation, réponses aux patients, tri des messages — reposent aujourd’hui sur ces grands modèles. Ce sont eux qui assurent la promesse visible de l’intelligence artificielle. C’est cette IA-là, celle que le public utilise, que les cabinets explorent, que les entreprises vantent… que LeCun déconstruit.
Or, dans un contexte médical, la différence entre une phrase bien formulée et une décision bien fondée est fondamentale.
Le langage ne suffit pas. Il ne remplace ni l’observation, ni l’intention, ni la mémoire du soin.
Une technologie n’a de valeur que dans ses usages
Solynae souhaite intégrer l'IA (LLM) de façon utile, et fiable.. L’intégration n’est pas systématique, elle est ciblée. Lorsqu’une IA est utilisée, c’est pour économiser du temps, jamais pour prendre des décisions à votre place.
Un résumé ? Oui, s’il vous aide à voir plus vite ce que vous savez déjà.
Une aide à la rédaction ? Oui, si elle respecte votre ton, votre rythme, votre cadre, débrouissalle la création d'une lettre type, par exemple.
Vous éviter de cliquer sur boutons et des menus, pour créer un rendez-vous, faire ressortir le dossier d'un patient, ou une information précise ? Changer un créneau horaire, simplement en l'écrivant, comme vous le feriez avec un collègue humain. deux fois OUI.
L’intelligence réside dans la maîtrise, pas dans l’apparence
Yann LeCun ne conteste pas les usages utiles des LLM. Il conteste leur glorification. Il défend des modèles plus profonds, fondés sur des architectures prédictives qui apprennent du monde réel (projet JEPA). Mais il sait que ces modèles sont encore loin d’être opérationnels.
"We need systems that understand how the world works, not just how humans talk."
— Yann LeCun, Meta AI, 2022
Pour les soignants, cela revient à une évidence : on ne soigne pas avec des mots bien ordonnés. On soigne avec du contexte, de la continuité, du discernement.
C’est cette ligne que Solynae suit. Une ligne de lucidité. D’outils utiles. Et d’un respect strict de votre rôle. Rien n’est laissé à une IA sans mémoire, sans compréhension, sans responsabilité.
Mais qui sait, si les LLM ne sont pas à la hauteur, peut être qu'ils ne représente qu'une partie de ce qu'est l'intelligence artificielle, dès aujourd'hui, et encore plus pour demain !

